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Opéra de Lyon

Parfois vous vous dites que vous devriez sortir davantage, profiter de la culture que nous offrent les théâtres, cinémas, salles de spectacles ou musées de Lyon. Sans parler de l’Opéra devant lequel vous vous donnez rendez-vous à chaque journée shopping en presqu’île.

Et si ce soir, vous alliez à l’Opéra à l’improviste ? D’autant plus que vous pourriez bénéficier des réductions accordées à ceux qui se présentent à la dernière minute. S’il n’y a plus de place vous irez boire un verre au dernier étage et vous prendrez le temps de réserver pour une autre date en regardant l’ensemble de la programmation de ce lieu si emblématique de l’histoire de la ville.

Car oui, l’Opéra de Lyon qu’on connait aujourd’hui n’a pas toujours été cet édifice à la fois majestueux et moderne. Un peu d’histoire s’impose : sur la base d’un Grand Théâtre construit en 1756 par Jacques Germain Soufflot (à qui on doit également l’Hôtel Dieu) mais détruit par un incendie, il a été édifié par Jean-Marie Pollet et Antoine-Marie Chenavard, ensuite rénové par Jean Nouvel en 1989. L’architecte lui a notamment ajouté le toit vitré, arrondi et si contemporain, en rupture avec les quatre façades d’origine. Quant à la salle, il l’a suspendue pour l’isoler des vibrations des voitures et du métro.

Tiens, vous voilà encore plus intrigué(e).

Une fois à l’intérieur, après avoir gravi les étages, vous découvrirez ce qui le fait battre. Au cœur de cette architecture classique revisitée, ce soir, au hasard, vous tomberez peut-être sur un ballet ou un opéra, à moins que ce ne soit de la danse moderne.

Quelle excitation ! Vous hésitez même à vous apprêter spécialement pour l’occasion, à aller acheter une tenue de gala. Oh puis finalement non, vous irez comme vous êtes, puisqu’on vous a dit que l’Opéra a été dépoussiéré de ses codes, qu’il est moderne et ouvert à toutes et tous.

Si accessible que les Lyonnais et touristes peuvent même s’y rendre juste pour boire un verre avec une vue unique et imprenable. Un incroyable panorama sur l’Hôtel de ville, les toits de la presqu’île et la Basilique de Fourvière visibles depuis Les Muses. Ces statues qu’on aperçoit d’en bas et aussi le nom du restaurant-bar installé sur le balcon aux derniers étages de l’Opéra.

En y accédant, on peut admirer les huit sculptures qui ornent le haut de cette architecture. Représentant les filles de Zeus dans la Mythologie grecque, à leurs côtés, vous aurez l’impression le temps d’un repas ou d’un verre, de frôler le ciel et les étoiles. Ironie du sort, il en manque une, la Muse de l’astronomie qui n’aurait pas été installée en 1842 par René Dardel (l’un des architectes de reconstructions après incendie et à qui on doit aussi La Bourse) pour un souci esthétique et de symétrie !

Sur le parvis, vous aurez surement l’occasion de découvrir le street-art en live. Depuis quelques décennies, de nombreux artistes et performeurs célèbres de hip-hop et amateurs de break dance s’y réunissent. Il y a aussi des apéros jazz à apprécier lors de soirées d’été avant d’aller dîner dans les restaurants du quartier.

Alors prêt(e) pour cette nouvelle expérience ? Ne vous mettez pas en retard, les artistes ou la « golden hour » ne vous attendront pas !

INFOS PRATIQUES

Où ? 1, Place de la Comédie, 69001 Lyon

Tips ? De petites lumières à chaque fauteuil de la salle ont été installées comme pour mieux éclairer les visages. Petit clin d’œil de Jean Nouvel pour rappeler qu’autrefois on venait surtout au Grand Théâtre pour se faire voir et être bien vu.

Coup de cœur ? Le coucher de soleil à savourer avec un verre et une planche sur le balcon des Muses.

POINT HISTOIRE

Qui est la 9e muse manquante à l’opéra de Lyon ?

Les passionnés de Grèce antique connaissent déjà la réponse et ressentent, très probablement, un sentiment d’inachevé en admirant la façade de l’opéra où seulement 8 des 9 déesses de la mythologie grecque sont représentées. Ce n’est pas par méconnaissance de cette époque, il ne s’agit pas non plus d’un malencontreux oubli, il n’y avait tout simplement pas assez de place pour disposer les 9 muses côte à côte sur cet édifice si l’on voulait parfaitement respecter l’asymétrie de celui-ci. Alors, comment choisir parmi ces 9 déesses celle qui n’apparaîtrait pas à l’opéra de Lyon ? Et bien, ce choix fut beaucoup plus simple à faire que vous ne pouvez l’imaginer, en effet, Uranie était déjà représentée sur la place des cordeliers à Lyon, il paraissait donc plus qu’évident que les 8 autres avaient tout à fait leur place à l’opéra, n’étant représentées nul par ailleurs dans la ville de Lyon…

Qui sont ces muses dans la mythologie grecque ?

Les muses sont le symbole même de la créativité, ce souffle d’inspiration qui a guidé la plume, le pinceau, ou la main d’un grand nombre d’artistes, connus et moins connus, avec plus ou moins de succès… Chacune de ces muses a un rôle bien précis, associé à un art ou des connaissances.

  • Calliope : muse de la poésie épique, elle est avant tout la première des muses, comme le souligne la couronne ou les lauriers qui apparaissent sur la tête de la plupart des représentations de cette muse à la fois puissante et majestueuse.
  • Clio : muse de l’histoire. Clio signifie gloire, elle est la muse des historiens, elle est souvent représentée avec une trompette et un livre, mais également avec un globe et une clepsydre symbole du temps.
  • Érato : muse de la poésie lyrique et érotique, elle porte une cithare ainsi qu’une couronne de myrte et de roses.
  • Euterpe : muse de la musique, elle porte généralement un double piccolo ainsi qu’une couronne de fleurs.
  • Melpomène : muse de la tragédie et du chant, elle est souvent représentée avec un air grave, un masque de théâtre tragique, ainsi qu’une corne.
  • Polymnie : muse de la rhétorique et de l’éloquence, cette muse a de multiples talents, tour à tour muse de la poésie lyrique, de l’harmonie, de la danse, et de la géométrie. Elle est représentée avec le bras levé, signe de son pouvoir sur l’éloquence.
  • Terpsichore : muse de la danse, elle arbore un aspect jovial, sa tête est auréolée d’une couronne de fleurs et elle tient une lyre.
  • Thalie : muse de la comédie et protectrice de la poésie pastorale. Elle est représentée avec un air gai et tient un masque de théâtre comique, sa tête est ornée d’une couronne de lierre.
  • Uranie : muse de l’astronomie et du paradis céleste. Celle qui n’est pas présente à l’opéra de Lyon est la muse des mathématiques, elle est souvent représentée avec une mappemonde à ses côtés.

Avec tous ces indices, vous pourrez dorénavant découvrir qui est qui en allant boire un verre ou vous restaurer à la terrasse des muses de l’opéra de Lyon !

L’opéra selon Jean Nouvel

L’aspect extérieur plutôt classique tranche avec les rénovations entreprises par l’architecte contemporain Jean Nouvel à l’intérieur de l’opéra de Lyon. Un travail qui débutera en 1989 et qui finira en 1993 et pour lequel il obtiendra une distinction : l’équerre d’argent.

Ce bâtiment hybride, parfait mélange d’éléments classiques du XX e siècle et d’éléments modernes de la fin du XXI e siècle, qui a provoqué une vague d’inquiétude quant au résultat final a, tout compte fait, été plutôt bien accepté par l’ensemble de la population.

Il faut dire que cet opéra n’a rien à voir avec la décoration classique d’un théâtre orné de dorures, à l’ambiance feutré, aux lustres clinquants et fauteuils en tissu rouge cramoisi. Jean Nouvel à totalement rompu avec les codes en imposant un style sombre, moderne, où la couleur noire domine et l’éclairage est minimisé. En ce qui concerne l’accès de la salle, des escalators ont remplacé les escaliers traditionnels.

De l’opéra classique, seuls les 4 murs et le grand foyer, utilisé pendant l’entracte par les spectateurs, ont gardé un aspect traditionnel (dorures, lustre, fresques et sculptures). Un parfait contraste avec le reste du bâtiment, dont le dôme de verre et de métal facilement reconnaissable de loin.

Le saviez-vous ?

  • Les 8 statues des muses de l’opéra de Lyon, fortement dégradées par la pollution et le fil du temps, furent remplacées au début du 20e siècle par des statues totalement identiques, mais composées de fonte peinte de couleur pierre pour garder l’illusion d’une statue classique. Et le résultat est plutôt bluffant !
  • À sa réouverture en 1993, la reprise de Phaëton, tragédie lyrique de Jean-Baptiste Lully, sera présentée au public comme elle fut autrefois lors de l’ouverture de l’Académie royale de musique de Lyon en 1688, qui n’est autre que le premier opéra de Lyon.
  • L’opéra de Lyon est un lieu de culture qui se visite, visite individuelle ou en groupe, visite virtuelle…
  • Le costume et la queue-de-pie ne sont pas obligatoires, accessible à tout le monde, des gens en habit côtoient les jeans et autres vêtements plus basiques. Bien entendu, même s’il n’y a pas de tenue de rigueur exigée pour passer une soirée à l’opéra, les tongs et le short sont malgré tout à proscrire.
  • Opéra, ballet, concert underground, ateliers de découverte, l’opéra de Lyon s’adresse à toutes les tranches d’âge. Le tarif d’entrée est à partir de 10 €.

L’opéra de Lyon a connu bien des épopées avant d’arriver à l’aspect qu’il arbore aujourd’hui, un lieu surprenant à découvrir ou redécouvrir absolument, que l’on soit fan d’opéra ou non.

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